RENCONTRE : Michael Ferire

A quel moment une image devient une œuvre? Cette fine barrière entre une jolie photo et une histoire racontée sur un support figé, nous pensons que Michael Ferire l'a dépassée. Nous avons découvert un photographe humble, passionné et profondément impliqué, bien au delà de son image inaccessible.

 

" J'ai étudié la psychologie et la communication publicitaire. J'ai arrêté à chaque fois mes études avant la fin, mais je pense qu'elles me sont une réelle aide au quotidien. J'utilise ce que j'ai appris de la psychologie pour essayer de comprendre les gens, de percevoir leurs envies, pendant que mon expérience pub me permet, par exemple, d'utiliser des mots-clefs qui définiront le mariage et que je garderai en tête tout au long de celui-ci." 

" Le mariage en tant que tel, l'union et l'engagement officiel, je ne trouve pas cela intéressant. Ce que je recherche, c'est l'amour et l'émotion qui se passent dans certains gestes, certains regards ou certaines attitudes. Celles qui trahissent un sentiment. J'aime dire que je suis un photographe de mariés et non de mariages. Le coté social de la chose m'attire beaucoup moins que le coté émotionnel. "

" J'ai appris la photo sur internet grâce aux forums et sur le terrain. J'ai commencé à travailler avec du numérique, avant de tomber gravement malade. Ça a remis en cause ma façon de travailler et de voir la vie! Je me suis posé de nombreuses questions : Est-ce-que je me connais vraiment? Est-ce-que je me connais uniquement pour ce que l'on attend de moi? J'ai très vite compris que je devais dorénavant sortir de ma zone de confort et de contrôle pour mieux ressentir les choses. C'est à ce moment là que j'ai décidé de faire essentiellement de l'argentique."

" J'adore l'argentique, ça ajoute de la surprise et de l'émotion. Avec cette technique, je ne passe plus ma journée de shooting mariage derrière un écran. Je suis en connexion avec les gens, avec ce qu'il se passe. L'argentique m'oblige à être totalement confiant envers moi-même et envers ce que je ressens pour raconter au mieux une histoire, leurs histoire. Lorsque c'est terminé, j'envoie les films au labo et je ne les reçois en retour qu'un mois plus tard. Lorsqu'elles arrivent, c'est toujours la surprise. Je redécouvre cette journée ainsi que mon travail et le résultat est toujours magique. La pellicule apporte de la matière et une ambiance que je n'arrive pas à retrouver dans le numérique."

J’ai besoin de surprise et de me mettre à l’épreuve. De nouveau, j’ai besoin de sortir de ma zone de confort.


" Je ne fais plus de mariages en Belgique et je n'en accepte que 10 par an. J'en ai fais en Belgique, mais j'ai envie et besoin de découvrir de nouvelles choses, d'être surpris par le déroulement de la journée, par les traditions, les coutumes, les décors... Travailler à l'étranger est une réelle chance, j'en suis conscient. Refuser de travailler en Belgique peut être considéré comme de la prétention, mais loin de moi l'idée de devenir prétentieux. Je sais juste à présent ce dont j'ai besoin pour faire le meilleur travail possible : j'ai besoin de surprise et de me mettre à l'épreuve. De nouveau, j'ai besoin de sortir de ma zone de confort."

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" Il m'est complètement impossible de donner un tarif moyen pour mon travail. C'est du sur-mesure, ça dépend d'où il se passe, de combien de temps il dure, de la formule, de ce que les gens souhaitent.  J'ai conscience que mes prix sont élevés, mais il faut savoir que l'argentique demande énormément de frais. Les pellicules sont chères, et le développement aussi. Mon objectif n'est pas du tout de m'en mettre plein les poches mais de réellement faire le meilleur travail possible. La simple préparation d'un mariage me demande 10H de temps au minimum. Il s'agit de rencontres avec les futurs mariés, mais aussi de réflexion personnelle sur la manière de l'aborder. Par exemple, si l'un des mots-clefs défini avec les mariés est "partage", je garderai ça en tête pour utiliser des angles qui permettront d'exprimer au mieux cette notion. J'essaierai de capturer le moins de personne seule possible, mais plutôt des groupes de personnes, des mains sur l'épaule, des regards, etc."

 

Michael Ferire organise également des workshops pour entre autres, développer son style photographique, apprendre à utiliser l'argentique, etc. Si vous souhaitez vous marier à l'étranger, n'hésitez pas à le contacter dès que votre date est définie!

Découvrez-en plus sur son travail sur son site web  ainsi que sur sa page Facebook.

#yay!