Les chroniques de lilia - Episode 10

« Love is life »

Mon mari est catholique et je suis juive. Je suis du Sud Ouest et il originaire du Nord Ouest. J’aime les Sushis, il les déteste. Il se fout de sa voiture tant qu’elle roule, je prends soin de la mienne comme si c’était mon enfant. Il est raisonnable, moi, je suis sans limite. Il fait pipi la porte fermée, je fais pipi la porte ouverte (avouez que vous le faites toutes aussi). Il dort en tenue d’Adam et moi je dors dans un pyjama grenouillère ultra pas sexy.

Bref, il est une évidence que mon homme et moi sommes des opposés. Mais on s’aime très fort. Ce qui semble plus délicat, c’est d’organiser le mariage de deux opposés dont vous imaginez bien les familles, opposées aussi.

Ma mère est dans le style mère juive, ultra envahissante, à m’appeler 3 fois par jour, à me donner douze tupperwares de rations alimentaires à chaque fois que je lui rend visite. Elle a des avis tranchés sur tout, aucun sens critique et peu d’ouverture d’esprit. Quand elle a su que l’élu n’était ni médecin ni avocat, et catholique, elle m’a simulé un malaise vagal avant de me traiter de tous les noms, pour ne plus me parler pendant 6 mois et puis elle a réfléchi…

Ma belle mère est dans le style mère baba cool, à ne pas vouloir déranger son fils. Elle ne critique jamais ses décisions, elle l’accompagne et le soutient sans faille dans ses choix. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, elle m’a dit que j’étais une princesse. Elle a même lavé mon linge sale… Elle est quand même trés dévouée et aimante.

Donc vous imaginez la scène de mariage… La cérémonie religieuse avec un rabbin et un curé aurait pu jouer le rôle d’événement réconciliateur, une sorte de sommet de la paix. Mais non, ce n’est que dans les films qu’on la joue comme ça. Quand j’ai annoncé à l’aumônier militaire israëlite que j’étais avec un non juif, il me l’a joué comme ma mère version « je fais un infarctus ». Malheureusement, on s’est rendu compte que tout le monde n’est pas prêt à la mixité, mais l’amour n’a pas non plus de religion. Donc j’assumais jusqu’au bout nos différences et nos choix : ce serait une cérémonie laïque. Pris par le temps, c’est une wedding planner qui nous a guidé dans la faisabilité de cette cérémonie. Et si au début nous étions réticents, nos invités nous en parlent encore tant elle a marqué les esprits.

Pas de messe, pas de grand discours moralisateur, cette cérémonie était à notre image, faite de petits discours de nos amis proches sur un ton d’humour, avec beaucoup de tendresse. Je vousavoue que la petite distribution de mouchoirs avant la cérémonie n’était pas inutile. Il y a eu des rires, des larmes, des scoops … Oui, oui, j’ai appris que le surnom de mon futur mari était « Patator », surnom acquis au prix de nombreux buts marqués au football d’un coup de pied sûr et efficace. J’ai également eu droit à la plus belle déclaration d’amour qui soit de la part de mon homme, s’affranchissant de sa pudeur, il a mis les plus beaux mots pour désigner son amour à mon égard. Quant à moi, je lui ai avoué bien plus que mon amour… je lui ai avoué ma fierté, et mon admiration à son égard.

Même si mon mari et moi avons des croyances religieuses différentes, cette cérémonie laïque était l’occasion de franchir tous ces obstacles, en ne se concentrant que sur l’essentiel : notre amour, entouré des personnes que nous aimons et chérissons. Cette cérémonie c’était tout simplement nous, du bonheur, de la joie et des bisounours… Mais les bisounours cela fait tellement du bien !!!!

La suite... La semaine prochaine!