Les chroniques de Lilia - Episode 11

La future mariée se bat en talons aiguille…

Après la lecture de toutes les péripéties de l’organisation de mon mariage sur ce joli blog, toi, future femme mariée, tu commences à te reconnaître dans tous ces bouleversements, tu commences à te dire que tu n’es pas la seule dans cette sacrée galère.

Et bizarrement des fois, cela te réconforte. Mais a contrario, des fois, ces obstacles créent en toi une bouffée anxieuse, associée à des tremblements de toutes tes extrémités. Tu lances alors vite fait un regard incisif sur ta moitié : elle est échouée sur son canapé en train de regarder un match de football, une bière à la main. Toi, tu as les yeux rouges tant tu as passé d’heures à surfer sur les sites de mariages. Ta chevelure ressemble à une crinière de lionne version rasta car cela fait plus de 2 ans que tu te refuses à couper tes cheveux pour cette satanée coiffure de mariage. Tu traînes en vieux jogging avec des talons aux pieds, car pour cette journée de mariage, la société et surtout ta mère t’impose d’être à talons, alors que tu rêverais une petite paire de basket aux pieds. Tu squattes le rebord de ta fenêtre pour capter le moindre rayon de soleil pour obtenir un teint hâlé (même en hiver… ridicule vous me direz !). Dans ces situations, tu aurais quand même bien besoin du soutien de la larve étendue sur ton canapé (larve = chéri).

Tu réfléchis donc à toutes les possibilités « thérapeutiques » :

1.     Je passe à poil devant cet écran télévision, en lui rappelant que le traiteur que nous voulions nous annonce un tarif à hauteur du prix de ma voiture. Cela aurait au moins le mérite de le faire réagir… Mais pour l’avoir vaguement tenté, ma larve m’a détourné de mon but premier pour une séance de kiki – chouchou (terme désignant dans mon couple l’acte sexuel). Certes j’étais moins tendue à l’issue de cette prise en charge mais les rebondissements dans l’organisation de mon mariage toujours aussi étouffants.

2.     J’enfile un vieux jean et je vais voir ma témoin pour chercher réconfort et soutien. Premier point, déjà j’ai du mal à enfiler mon jean, et c’est au prix de nombreux tortillements de bassin et déhanchés allongée sur mon lit en tirant mon jean que je parviens à l’enfiler. Cela s’annonce très mal ce régime pré mariage. Deuxième point, j’arrive chez elle, elle me propose un dîner diététique « raclette », en m’annonçant avoir perdu 6 kg pour mon mariage et pour être belle sur les photos. Je précise qu’elle a de base une silhouette digne de Victoria Beckham. La vie est vraiment injuste avec moi.

3.     Je file au lit. L’indifférence cela peut fonctionner. Rien ne m’atteint. Rien ne m’affecte. Tout glisse sur moi. Et puis autant que je me réconforte sur ASOS. L’ordinateur sur mes poignées d’amour, dans mon lit sous trois couches de couettes, je remplis mon panier de robes, sacs, bijoux. Et puis comme d’habitude j’annule tout car je me souviens brutalement que ce mariage ruine mes finances.

Bon, j’avoue que la guerrière Xéna que je suis, reprend normalement vite le dessus. J’analyse, je contourne, je franchis, je m’adapte. Inépuisable tel un roc, la future mariée que je suis se bat. Et toi aussi telle une boxeuse tu avanceras : les traiteurs tu les dompteras, le prêtre, le rabbin ou l’imam, tu le mettras à tes pieds, le DJ tu le cadreras… Bref, tu géreras tout. Et cela marchera…