Les chroniques de lilia - episode 9

Tout est dans la boîte pour le grand jour !

A une semaine du mariage, notre appartement ressemblait au show room du salon du mariage d’une grande capitale.

Tout était minutieusement stocké et organisé par thème afin de faciliter la mise en place de la salle le jour J. Boîte à candy bar, boîte à photobooth, boîte à livre d’or… En tant que grande maniaque des boîtes en plastiques, j’avais investi dans une vingtaine de boîtes qui m’auront valu l’agacement de mon mari, les félicitations de ma femme de ménage et le regard dubitatif de ma meilleure amie…

Je me permets d’ailleurs un petit aparté sur cette manie des boîtes en plastique : accro du rangement, maniaque du thème, chez moi, tout est classé en boîtes. La boîte à chaussures, la boîte à culottes et même la boîte à boîtes…  Et j’atteins mon orgasme de rangement quand je dépose la petite étiquette imprimée sur la boîte pour en désigner le contenu. Quand j’ai un coup de blues, je m’autorise même l’achat d’une boîte en plastique, et trouve une vague excuse pour classer et ranger, et bizarrement cela me fait du bien. J’ai tenté de longtemps dissimuler ce vilain défaut à mon futur mari, mais dès qu’il a ouvert mes placards, il a très vite compris qu’il devait revoir ses habitudes de rangement ou sinon se séparer de moi. Heureusement, l’élu a fait le bon choix.

Bref, tout cela pour dire que je suis une grande maniaque du rangement, mais que pour une fois cela allait servir. Dans la lignée des poisses, nous avons appris quelques semaines avant le mariage que la salle de réception ne serait disponible qu’à partir de 18h le jour même du mariage du fait d’un congrès qui se terminait tardivement dans la même salle. Toute mise en place anticipée serait donc impossible.

Corneille disait « Ô drame, ô désespoir », et moi, je m’écroulais de colère et de tristesse… J’allais devoir déléguer cette rude tâche à une personne de confiance. Ma mère ? Impossible, sinon la salle allait ressembler à une boîte de nuit clandestine des années 70, kitsch, avec papiers peints de fleurs et lustres rococo… Ma belle mère ? Non, car elle aurait découvert l’imposture : sa belle fille s’avérait pouvoir être un dragon quand les éléments de décoration de chaque table n’étaient pas alignés parfaitement de 10 cm chacun, placés selon une angulation précise définie par la dérivée de x, rapportée au coefficient de proportionnalité du vecteur du segment principal. Son fils ne pourrait donc définitivement pas s’unir à telle escroquerie. Elle avorterait le mariage en kidnappant son fils… Ma copine Caro ? Non, je la voulais à mes côtés pour la préparation maquillage, coiffure, et habillage.

C’est donc à ce moment là que j’ai dû me résigner à engager dans l’urgence une wedding planer pour garantir la mise en place de la salle. Heureusement, la photographe que nous avions choisie nous a fortement recommandé cette très élégante Laurence. Le premier contact était vraiment timide de notre part : très narcissique, j’avais peur de ne plus tenir les rennes de ce mariage et de ne plus en récolter les éloges et les mérites. Toutefois, le deuxième contact a imposé une certaine complicité qui aura permis à Laurence de très vite me cerner. En trois rendez vous, l’affaire était dans le sac : je l’avais briefé sur mes directives de décoration. Je plaçais donc entre ses mains, la lourde responsabilité de donner sens et réalité à ce que j’avais imaginé dans les moindres détails pour ce grand jour. L’histoire fait que mes sacrées boîtes en plastiques l’auront beaucoup aidé dans cette rude mission.

J’en souri encore de cet épisode, car j’ai récemment appris que l’ensemble des prestataires s’étaient investis dans la mise en place pour aider Laurence : la photographe mettant les porte noms et faisant le rapprochement de cette organisation très carrée avec ma profession de militaire. L’assistante de la photographe venue à la rescousse en catastrophe… Ils m’ont tous bluffé : ils avaient trop assuré. La salle était magnifique, et c’était le plus beau cadeau.

 

La suite... Mardi prochain !