LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 2

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 2

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

« Si tu te maries : petit conseil, apprends la respiration du petit chien, cela pourrait t’aider… »

A partir du moment où mon amoureux me faisait sa demande en mariage, mes pensées furent parasitées dès le soir même par un flux abondant de questionnements, de réflexions et d’angoisses : « Quelle ville ? Quelle date ? Quels témoins ? Quel thème ? Et la décoration ? Le menu ? ».

Alors, on peut facilement se dire que l’organisation d’un mariage pourrait se faire aisément quand on a passé quelques soirées (bon, j’avoue peut être plusieurs, voire de nombreuses soirées depuis un certain nombre d’années) à survoler les blogs et sites de mariage francophones, les français, les belges et même les canadiens et ce, sans être d’ailleurs ni en couple, ni même fiancée. Pourtant, chaque prise de décision concernant mon mariage était désormais l’occasion d’une insomnie, d’une manucure express avec mes dents de lapin et d’un réconfort culpabilisant au Nutella.

Autant dire que la tâche allait s’avérer très compliquée.

A ceci, s’est surajouté ce grand moment de solitude, celui dont je suis sûre que l’ensemble des mariées a connu, où je me suis vite rendue compte que l’investissement de mon homme dans la planification de son mariage était réduit, voire inexistant.

Moi : Chéri, tu penses quoi de ce lieu là ? 

Lui : Oui, pourquoi pas.

Moi : Et ce lieu ci ?

Lui : Oui pourquoi pas… Mon amour, ce soir tu veux que je mette quoi comme tenue pour le repas avec les Dupont ? Le pantalon bleu avec le pull rouge ? Oula chemise à pois avec le pantalon vert ?

Vous comprenez maintenant mon désarroi ? Mon homme était incapable d’une quelconque prise de décision. (Pourvu qu’il ne se pointe pas le jour du mariage avec un costard scintillant à la Claude François ! Note pour le mariage : choisir moi même le costume de Monsieur. Pas de surprise certes, mais pas non plus de mauvaise surprise, c’est mieux).

Si l’investissement de mon futur mari était relativement léger, celui de ma mère était quant à lui… important, étouffant, original. Oui, voilà le bon terme : « original ».

Moi : Maman, notre mariage se fera en petit comité, c’est plus intimiste…

Ma mère : Ma fille, pourras tu mettre sur la liste des invités ton oncle ? Je sais qu’il ne t’appelle jamais, et que depuis que tu es née tu ne l’as vu que 2 fois mais cela ferait vraiment plaisir à ton père. Ah et j’ai aussi oublié, il viendra avec ses 3 enfants et sa femme.

Génial, mon mariage allait vraiment ressembler à un concert de Claude François, avec un entracte dédié à l’émission « Perdu de vue », avec tata Rachel et tonton Maurice en invités. Alors, j’ai fait la respiration du petit chien pour me calmer (tu sais celle qu’on t’apprend aux cours de préparation à l’accouchement, fallait bien essayer quelque chose…) et puis, j’ai ordonné mes idées et j’ai priorisé les tâches. J’allais organiser ce mariage conformément à mon organisation militaire. Mon amoureux allait être mon « commis ». Quant à ma mère, je lui trouvais des missions dites « sans risque », qui pouvaient la convaincre de son investissement sans pour autant mettre en péril le déroulement des choses.

Au final, je savais que j’allais renoncer à certaines choses, en mettre en place bien d’autres. Faire des jolies choses, et d’autres que j’allais certainement regretter, mais il fallait bien commencer par quelque chose : j’ai donc pris un cahier d’écolier, et j’y ai posé toutes les idées (des fois farfelues) pour mon mariage, et petit à petit, à l’issue d’un long tri, tout s’est bizarrement dessiné. Comme quoi tout peut arriver!