Les chroniques de Lilia - Episode 16

 « Mais après le mariage, y’a quoi ? »

Tous les blogs et tous les livres sur le thème du mariage évoquent les préparatifs et la journée du mariage. Ils décortiquent tout dans les moindres détails, ils vous guident parfois vous perdent aussi parfois dans l’organisation du mariage.

Pourtant, s’il est un sujet tabou, c’est bien l’après mariage. Aucune bibliographie n’aborde le sujet. Pourtant toutes les mariées méritent de savoir ce que c’est l’après mariage. Il faut s’y préparer. L’après mariage c’est le lendemain matin de ton mariage, quand tu te lèves et tu te sens vide. Pas de DIY à réaliser, pas de magasin de décoration à faire, pas de brocante à rejoindre pour chiner, pas de mail de tes prestataires à lire, en fait tu n’as plus d’objectif, tu n’as plus d’élément motivant tes activités, ou occupant tes week-ends. Ta famille et tes proches regagnent leurs villes respectives, et puis ton appartement initialement show room du salon de mariage, puis salle de réception la veille du mariage, se vide. La voix du Pilou résonne dans cet appartement vide (bon, ok j’exagère un peu).

Le premier jour de mariée, j’ai pleuré. Puis cela a duré 10 jours. J’aurais dû me faire sponsorisé par Kleenex. L’apogée de ma dépression post mariage a eu lieu à la projection des photos de notre mariage organisée par Maddy, notre photographe. Le principe était cependant séduisant : quelques jours après le mariage, Pilou et moi étions conviés au studio de Maddy pour une séance de visionnage des photos. La mise en scène était parfaite, lumière tamisée, plaid, coupettes de champagne, rétroprojecteur, musique d’ambiance. Au moment même, où je suis rentrée dans le studio, j’ai laissé débordé de mes yeux un torrent de larmes. Pilou et Maddy se sont rapidement échangés un regard genre « Mais qu’est ce qu’il lui arrive ? » de la part de Maddy, et Pilou lui a répondu d’un regard genre « T’inquiète, elle est comme ça depuis 10 jours ». Là, je me suis sentie tellement bête… Et bien, j’ai encore plus pleuré. Certains croiront que je pleurais peut être car ce mariage avait eu quelques imperfections, mais non, je pleurais  toute la nostalgie de l’ensemble de cet événement cher à mes yeux. Et pourtant, je n’avais œuvré que trois semaines durant pour réaliser ce mariage. Imaginez mon désarroi si j’avais œuvré un an plus tôt.

Donc, à toi future mariée, je veux te sensibiliser à cette pathologie nommée « la dépression post mariage ». Tu n’y échapperas pas, tu inonderas l’épaule bienveillante de ton mari de tes larmes, tu ressembleras à un panda géant tellement ton maquillage censé être waterproof ne résistera pas à ton chagrin, et tellement tu te consoleras avec les restes de ton wedding cake pouvant faire office de petit déjeuner, déjeuner ou diner. L’attitude préventive consiste dans un premier temps à enchaîner mariage et voyages de noces dans la foulée afin que le retour à la réalité soit moins brutal. L’attitude thérapeutique ? Pour ma part, cela aura été de finir mon wedding cake, et d’envoyer les cartons de remerciement. Ils m’ont sauvé ces petits cartons : cela consistait en ma dernière mission en tant que mariée. Je l’ai donc accomplie avec attention, et beaucoup d’implication. Cette mission entamait ma guérison.

Quelques récidives aiguës de cette pathologie survinrent. Les facteurs déclenchant étaient la consultation de notre album de mariage, les séances de visionnage familiales. La symptomatologie était toujours la même : pleurs immotivés, tristesse de l’humeur, nostalgie accrue. Mais la guérison était immédiate, et annoncée par notre futur projet la séance « trash the dress ». Il s’agit là d’une séance encore organisée par notre très chère Maddy où les époux se laissent photographier dans leurs tenues dans des lieux et situations improbables. Cela constituera la dernière étape de ce mariage, comme pour clôturer un (très beau ) chapitre de notre histoire de vie avec Pilou en attendant le suivant.

Les chroniques de Lilia - Episode 15

Dernière ligne droite …

Tu sens le dénouement de ce long périple, chère lectrice ? Tu sens que ton esprit s’apaise plus la journée de ton mariage s’écoule, tu sens que ton corps relâche progressivement toute la pression accumulée lors de ces préparatifs, tu sens qu’une nouvelle page se tourne pour laisser place à ce dont tu as toujours aspiré : une vie remplie de bonheur avec ton amoureux.

Le reflet de cette nouvelle vie commençait à se dessiner sous mes yeux en cette journée de « grand mariage ». Pourtant, rien de bien important n’allait changer dans notre vie. J’habitais déjà avec le Pilou, je m’endormais déjà chaque soir dans ses bras, je le materai toujours tandis qu’il prend sa douche. Ce qui changerait à peine notre quotidien serait finalement ce petit anneau à nos annulaires respectifs. Mieux qu’un chat qui marque son territoire, ce petit anneau marquait ma propriété : Pilou était à moi. La soirée de mariage était la première occasion de vérifier mon raisonnement. Si pour ma part, je parlais désormais bien plus avec les mains pour exhiber les précieux bijoux dans une sorte de danse de doigts effrénée (on le fait toutes ? rassurez moi…), le Pilou semblait très bien s’accommoder à cet anneau. Cela le rendait excessivement sexy. Il exécutait un élégant ballet depuis son annulaire jusqu’à son front rappelant indéniablement ce lien marital qui nous unissait. Et puis, le Pilou étant gaucher, c’était là la garantie pour moi que tous les regards de son entourage ne pouvait échapper à ce petit gros détail.

La soirée se déroulait à merveille ponctuée par des témoignages hilarants de nos proches, ou des chansons de « toute beauté » interprétées par l’ensemble de nos invités. Nous avions pris le parti d’occuper les pauses entre chaque plat par un petit tour sur la piste de danse, l’occasion de faire la démonstration de notre fameuse danse de Rabbi Jacob reprise par tous nos invités. Le ton de la soirée était très humoristique vous l’aurez compris, jusqu’à cette originale ouverture de bal. Pour concrétiser le souhait de mon père, la soirée dansante a débuté par un slow avec lui. Pas de valse malheureusement pour mon père, car la connexion entre ma tête et mes pieds subit un court circuit à chaque fois que je me mets à exécuter une chorégraphie. Ce slow très émouvant est l’occasion pour mon père d’échanger quelques mots doux avec lui. Soudain, la musique enchaîne brutalement sur « Take my breath away ». Oui oui, c’est bien cela une des musiques phares du film Top Gun. Le Pilou apparaît donc casque de vol en main, lunettes de soleil sur le nez pour me rejoindre sur la piste de danse et me kidnapper tendrement aux bras de mon père. Très kitsh comme entrée, mais pourtant tellement sexy… Manquait plus que sa combinaison de vol, et je le violais du regard (pas que…). Le dance floor se remplit et chacun se prit dans cette élan de joie et bonheur qui nous emparait.

Le wedding cake fit son arrivée vers les coups de minuit. De présentation sobre mais élégante, j’avoue que ce gâteau a fait son effet sur les invités. D’ailleurs, nous avions peut être été trop généreux sur les quantités à tel point que nous sommes repartis avec notre doggy bag de gâteau à la main et que nous en avons mangé pendant plus d’une semaine (ce qui explique notamment ma prise pondérale après le mariage).

La journée touchait sa fin. Les invités s’éclipsaient petit à petit contraints et forcés par leurs obligations professionnelles ou familiales le lendemain. J’enfilais ma petite laine pour repartir à la maison dans le froid continental et passer ma première nuit de femme mariée à… dormir : vous ne rêvez pas, pas de kiki chouchou pendant la nuit de noces des Pilous. C’est un mythe, les filles !! La nuit de noces n’existe pas : Monsieur et Madame Pilou étaient trop fatigués pour se laisser aller à ce genre de choses. La nuit de noces estdéfinitivement un concept fait pour les mariés d’un autre âge, pour les endurants, pour les compétiteurs, pour les marathoniens : Pilou et moi étions définitivement vieux, non endurants avec une motivation de poulpes. Donc on s’est endormi comme à notre habitude, lui sur le dos, et moi comme une pieuvre sur lui, ma jambe gauche sur son abdomen, mon pied droit contre son pied gauche, sa bouche ronflante dans mon oreille et nos mains entrelacées... Mais pour vous rassurer, je vous précise que si je n’ai pas eu ma nuit de noces, j’ai eu tous les lendemains et sur lendemains « de noces ».

Les chroniques de Lilia - Episode 14

Le premier jour du reste de ma vie

C’est la journée que tu garderas en mémoire toute ta vie, c’est la journée qui ne s’effacera jamais, même quand, en maison de retraite, tu mangeras du mouliné faute de dents, et que tu te déplaceras à la vitesse de Tata Rachel, avec son déambulateur.

Je pense que cette journée est le souvenir indéfectible d’une vie. Et peu importe son déroulement, ses imprévus ou ses petits bonheurs, cette journée c’est comme ton Xanax en comprimé du soir, c’est ton sourire des jours de pluies, c’est ton chocolat chaud des jours de neige, bref, le souvenir de cette journée t’apaise, te réconforte, te rend heureuse. De me replonger dans l’évocation de cette belle journée me donne la larmichette à l’œil, et le sanglot (de bonheur) semble coincé dans ma gorge. Je précise que je suis un peu trop cœur d’artichaut ces derniers temps et que déjà très émotive de base, je le suis encore plus maintenant (non je ne suis pas enceinte, maman) car mon amoureux est à nouveau en mission à l’étranger, loin de moi, et tout me fait pleurer…

Cette journée de mariage s’est donc poursuivie le soir par une cérémonie laïque dans une grange rénovée en élégant golf, en présence de tous nos proches. Seuls les intervenants étaient mis dans la confidence, pour laisser l’opportunité d’une surprise totale à nos invités. Ce choix de cérémonie laïque n’était pas une évidence pour mon Pilou et moi même car nous ne voulions pas rentrer dans des symboliques « has been » du monde des Bisounours. Le tout était de trouver le juste milieu entre l’authenticité et l’originalité. Je voulais que cette cérémonie soit nous, et j’en ai été convaincue quand je suis arrivée dans la salle de cérémonie au bras de mon père. Petit mur de guirlandes lumineuses dans la pénombre en guise d’autel, petites lanternes le long de l’allée menant à mon mari : l’ambiance y était tamisée et intime. Parfait pour chuchoter à mon amoureux tout l’amour que je lui vouais. En chef d’orchestre, Laurence, notre wedding planner, qui avait d’une main de maître guidait les intervenants, et qui avait très vite compris notre requête : « si on peut éviter le gnan – gnan… ».

Tandis que je feuillète notre album de mariage, je tombe sur cette photo assez improbable où mon mari et moi épanchons nos larmes dans des mouchoirs. On était vraiment des madeleines, touchés pas la sincérité et les beaux discours de nos amis. Le reflet de notre couple dans leurs yeux était tellement vrai et beau. A l’issue de la cérémonie, certains de nos amis militaires, durs comme des rocs d’habitude, sont venus nous confier qu’ils avaient également lâché leur petite larme : attendrissant ces hommes qui pleurent, n’est ce pas ?

Chaque cérémonie laïque est marquée par un rituel, métaphore de l’union de deux personnes. C’est l ‘écho de la bénédiction du curé des mariages traditionnels à l’église, mais en version décalée, et personnalisée. Pour ma part, j’ai choisi d’introduire un rituel juif : « le verre cassé ». Certains se demandent qu’est ce que c’est encore que cela ? Donc un verre est enroulé dans une serviette, et l’époux d’un coup de pied sûr et fort le brise, plus il y a d’éclats de verre, plus le bonheur du couple sera grand. Manque de chance, Pilou au premier essai à laisser le verre intact !!! (La tête du bonheur annoncé…Grrrrr) Heureusement, il s’est bien rattrapé au deuxième coup : le verre s’estbrisé de milles éclats. Pour la vraie histoire, ce verre cassé rappelle que combien le meilleur peut être brisé si nous ne veillons pas au désordre, en rapport avec la ville de Jérusalem détruite dans l’histoire ancienne. Après cette minute, digne de Mr Héron, mon prof d’histoire géo en 6ème, je vous avoue que si nous avons opté pour ce rituel c’était surtout pour entendre les cris de « Mazal tov » s’épandre dans la salle, pour finir en danse de Rabbi Jacob (nooooon je rigole !).

A toutes les mariées, en particulier les mariées en couple mixte, les mariées athées, les mariées révoltées par rapport à la religion, je vous conseille définitivement la cérémonie laïque personnalisable à souhait et qui restera gravée dans votre mémoire.

 

Les chroniques de Lilia - Episode 13

« Oui, je le veux »

 

« Mr et Mme Pilou, je vous déclare mari et femme »  s’exclama l’adjoint au maire. C’est bien la seule phrase que j’ai retenu d’un long et original discours de l’adjoint au maire. J’ai d’ailleurs un peu honte, très distraite pour ce moment pourtant symbolique, je n’ai pas été suffisamment consciencieuse et bonne élève. Et mon esprit a très vite décroché quand le maire s’est engouffré dans un laïus sur la COP 21 (qui se déroulait au moment même de notre mariage) et sur le développement durable, comparable à ce qu’il nous souhaitait pour l’avenir de notre couple.

Nous dirons alors que j’ai une mémoire très sélective et ce jour là, encore plus en tant qu’épouse du Pilou. Certaines se demanderont donc vers quoi peuvent tendre les pensées d’une mariée pendant le discours du maire : et bien, je vais vous répondre, moi j’ai fait une fixette sur la coiffure de cet homme d’état qui nous unissait. Longue mèche tombante sur le front, cheveux gras, teinte poivre et sel, structure capillaire inexistante malgré une sorte de gomina dans les cheveux… Oui, c’était bien là la coiffure d’un écolo. Je me disais dans mon fort intérieur que c’était quand même une belle escroquerie : Pilou et moi mariés par un ancien hippie des années 70, un écolo convaincu. Autant dire que c’était comme si un obèse prescrivait un régime à une anorexique. (Promis, juré, craché, un jour Pilou et moi mangerons bio et nous ferons le tri sélectif de nos déchets…)

Après, j’ai laissé flâné mon esprit à un tas de pensées ridicules : ma mère ressemblait vraiment à la reine d’Angleterre avec son chapeau, il manquait plus que le Prince Charles à ses côtés pour faire illusion. Mes témoins étaient quand même canons et très classieuses. Ma photographe, quant à elle, était tel un électron libre, elle me faisait rire à se glisser dans des endroits improbables de la salle pour garantir la meilleure prise de vue possible. Je baissais alors les yeux sur mes cuisses légèrement mises à jour par le repli de ma robe du fait de la position assise : et là, ce fut le drame, je réalisais que je n’avais pas épilé mes cuisses, et que même s’ils m’assuraient une isolation thermique certaine, mes poils étaient bien de trop. La loose. En fait, tu as beau essayé de ressembler à une princesse ce jour là, le naturel revient vite au galop, et mes poils aussi… Heureusement, je quittais cette robe courte quelques heures plus tard pour revêtir une robe longue dont l’avantage couvrant était non négligeable. Je précise cependant que je m’épile l’ensemble de mes membres inférieurs en temps normal, histoire d’éviter à toi, lectrice, de me considérer comme une maman ours à la fourrure très velue (quoiqu’en période de froid extrême, j’avoue que…. Bon, bref).

Essayant de dissimuler ce détail non négligeable, je regardais innocemment autour de moi et tombais sur le visage fermé de mon père. Il réalisait peut être qu’il perdait symboliquement sa fille. J’aurais voulu être dans ses pensées. Quoiqu’il en soit, d’un regard échangé avec lui, il a compris que j’étais toujours sa « petite » fille, et que rien ne changerait entre nous. Je continuerai toujours à lui tenir la main dans la rue même à 30 ans, de la même façon que lorsque j’avais 4 ans.

Puis j’ai croisé le regard de Pilou : quel beau gosse cet homme ! Le charme et l’élégance des hommes égéries de grandes marques de parfums (j’exagère certainement un peu, mais il faut que je te donne envie, lectrice…). La carrure mise en avant par une taille sur mesure de son costume (sans parler de son fessier). Ses doigts s’entrelaçaient tendrement aux miens, éveillant tous mes sens. Ses lèvres esquissaient un sourire apaisant à mon égard. Tout à coup, tel un réveil brutal j’ai entendu mon nom, mon prénom, et c’était LA question, voulez vous prendre pour époux Monsieur Pilou ? Instinctivement, j’ai répondu « oui ». Alors ce « oui », je l’ai beaucoup travaillé devant le miroir la semaine précédant le mariage : j’ai essayé la voix neutre : trop monotone. La voix douce : trop niaise. La voix Barry White : trop masculin. Au final, j’ai opté pour un oui spontané et souriant. Oui, Oui, Oui. Oui j’étais enfin Madame Pilou !

Les chroniques de Lilia - Episode 12

« C’est le jour de grand mariage »

Après ce parcours du combattant que nous avons traversé mon futur mari et moi pour mettre sur pieds notre grand jour, il est temps de partager avec toi, chère lectrice, le « grand » jour.

Mercredi 16 décembre, 6h30 : mon réveil sonne. Je me retourne, le Pilou n’est pas là. Dans le flou de mon esprit à peine réveillé, foule de question se bouscule : pourquoi le réveil sonne ? (cette question est la question de tous les matins, en réalité), pourquoi 6h30 ? Mais où est Pilou ? D’un grand sursaut, je me lève. Oh purée, c’est vrai, aujourd’hui, je me marie. Ouaou… D’une rotation ralentie sur le rebord de mon lit,  je reprends mes vieilles habitudes du matin.  Je me dirige lentement vers la salle de bain. Coup d’œil au miroir, cernes et yeux pochés, cheveux en bataille, teint pâle hivernal… Bref, il y va avoir du boulot. Douche. Pull et jean et culotte porte bonheur pour rejoindre mon coiffeur. Le ventre vide pour ne pas changer, je quitte la maison. Je poursuis mon réveil quand j’aperçois la nuit profonde illuminée par les lumières éblouissantes des belvédères dans la rue. Mes essuies - glaces se mettent automatiquement en marche… Mince, il pleut. Je vais friser…

Effectivement, comme matinée de mariage, il y a plus glamour… Je me serais bien vue dans une belle suite d’hôtel, en peignoir de soie, accompagnée de mes témoins et rejointe par l’équipe de « ravalement de façade » à savoir maquilleur et coiffeur … Mais non, toujours d’imprévus en imprévus, il aura fallu s’adapter jusqu’à la dernière minute.

Donc je rejoins mon coiffeur. Lui, c’est un personnage atypique, c’est ma photographe qui me l’a conseillée à peine 3 semaines avant. La première fois que je l’ai vu pour l’essai coiffure, j’ai été surprise par son look. Barbichette taillée au poil, petit marcel même par -5°C, bagues en tête de mort, et tatouages recouvrant ses bras, oui, au début, je me suis dit qu’est ce que je fais là, mais je lui ai accordé le bénéfice du doute. Et j’ai eu raison, il a su dompter ma crinière : 3 ans pour faire pousser ces cheveux, je vous avoue que cela commençait à faire des rasta genre « Bob Marley ». Ce matin de mariage, j’ai donc pu profité d’un long massage capillaire pour me réveiller enfin en douceur.

Tout était improbable dans ce salon de coiffure : une autre cliente également levée aux aurores se faisait coiffer. Elle avait environs 80 ans, toute émue de me voir coiffée pour mon mariage. Elle surveillait d’un regard sûr les gestes de mon coiffeur. C’était un peu comme ma témoin, témoin du début de la métamorphose. En électron libre, je voyais ma photographe, Maddy, immortaliser chaque instant. Elle aussi, c’est un sacré bout de femme. C’est un coup de cœur cette femme. Elle photographe ce qu’elle ressent. Elle immortalise non pas des images, mais des sentiments. C’est une vraie belle personne, une petite perle. Elle a su m’accompagner dans chaque moment de cette journée. On se dit qu’en cette journée un peu particulière, nous n’avons pour centre d’intérêt que la logistique et les détails de dernière minute. Pourtant avec elle, cette journée s’est transformée en une journée entre copines. Dans les embouteillages, on papotait, on refaisait le monde. 

Coiffure terminée, je devais filer me faire maquiller en ville dans une grande enseigne du maquillage à défaut d’avoir pu trouver une maquilleuse à domicile. Prise par le temps, petit détour à la maison pour enfiler la robe dédiée au mariage civil. Caroline, une amie de la faculté, était à mes côtés pour m’habiller. Grâce aux conseils avisés de Caro et de ma photographe, j’ai renoncé à la culotte gainante ultra pas sexy. Je n’ai pas filé mes collants. J’ai même pensé à prendre mon sac de survie (baskets, rouge à lèvres, mouchoirs… ).

En deux, deux, c’était fini. Direction la maquilleuse. Dans mes vagues calculs, j’avais prévu 40 min pour me faire maquiller. Arrivée devant la boutique, il ne me restait plus que 20 min. J’ai voulu me convaincre que c’était un problème d’horloge. Rien de tout cela, j’étais définitivement en retard. Comme dans l’émission des reines du shopping, j’ai défié la maquilleuse : « objectif, 15 minutes pour réaliser mon maquillage de mariage ». Chrono en main, la jeune fille a grave géré.

Ça y est, j’étais enfin prête. Je touchais du doigt le moment tant attendu. Sous la pluie, tandis que je rejoignais la mairie d’un pas rapide même à talons, une légère angoisse commençait à surgir : mes coques qui faisaient office de soutien-gorge commencèrent à se décoller. Elles allaient vraiment finir par se retrouver à mes pieds.  Improbable : la future mariée vêtue toute de blanc, sous un ciel gris, dans le froid de l’est, en plein milieu d’une rue commerçante, en train de se mettre les mains aux seins pour créer un effet ventouse et garantir un bon maintien de sa petite poitrine (ou du moins, faire croire qu’elle a de la poitrine malgré tout). Petit réajustement effectué, j’atteignais enfin la mairie et voyais enfin mon futur mari. Petit fessier moulé par son pantalon de costume, je craquais comme au premier jour. J’étais fan de son fessier, et surtout du propriétaire de ce petit fessier. J’allais devenir Madame Pilou…

Les chroniques de Lilia - Episode 11

La future mariée se bat en talons aiguille…

Après la lecture de toutes les péripéties de l’organisation de mon mariage sur ce joli blog, toi, future femme mariée, tu commences à te reconnaître dans tous ces bouleversements, tu commences à te dire que tu n’es pas la seule dans cette sacrée galère.

Et bizarrement des fois, cela te réconforte. Mais a contrario, des fois, ces obstacles créent en toi une bouffée anxieuse, associée à des tremblements de toutes tes extrémités. Tu lances alors vite fait un regard incisif sur ta moitié : elle est échouée sur son canapé en train de regarder un match de football, une bière à la main. Toi, tu as les yeux rouges tant tu as passé d’heures à surfer sur les sites de mariages. Ta chevelure ressemble à une crinière de lionne version rasta car cela fait plus de 2 ans que tu te refuses à couper tes cheveux pour cette satanée coiffure de mariage. Tu traînes en vieux jogging avec des talons aux pieds, car pour cette journée de mariage, la société et surtout ta mère t’impose d’être à talons, alors que tu rêverais une petite paire de basket aux pieds. Tu squattes le rebord de ta fenêtre pour capter le moindre rayon de soleil pour obtenir un teint hâlé (même en hiver… ridicule vous me direz !). Dans ces situations, tu aurais quand même bien besoin du soutien de la larve étendue sur ton canapé (larve = chéri).

Tu réfléchis donc à toutes les possibilités « thérapeutiques » :

1.     Je passe à poil devant cet écran télévision, en lui rappelant que le traiteur que nous voulions nous annonce un tarif à hauteur du prix de ma voiture. Cela aurait au moins le mérite de le faire réagir… Mais pour l’avoir vaguement tenté, ma larve m’a détourné de mon but premier pour une séance de kiki – chouchou (terme désignant dans mon couple l’acte sexuel). Certes j’étais moins tendue à l’issue de cette prise en charge mais les rebondissements dans l’organisation de mon mariage toujours aussi étouffants.

2.     J’enfile un vieux jean et je vais voir ma témoin pour chercher réconfort et soutien. Premier point, déjà j’ai du mal à enfiler mon jean, et c’est au prix de nombreux tortillements de bassin et déhanchés allongée sur mon lit en tirant mon jean que je parviens à l’enfiler. Cela s’annonce très mal ce régime pré mariage. Deuxième point, j’arrive chez elle, elle me propose un dîner diététique « raclette », en m’annonçant avoir perdu 6 kg pour mon mariage et pour être belle sur les photos. Je précise qu’elle a de base une silhouette digne de Victoria Beckham. La vie est vraiment injuste avec moi.

3.     Je file au lit. L’indifférence cela peut fonctionner. Rien ne m’atteint. Rien ne m’affecte. Tout glisse sur moi. Et puis autant que je me réconforte sur ASOS. L’ordinateur sur mes poignées d’amour, dans mon lit sous trois couches de couettes, je remplis mon panier de robes, sacs, bijoux. Et puis comme d’habitude j’annule tout car je me souviens brutalement que ce mariage ruine mes finances.

Bon, j’avoue que la guerrière Xéna que je suis, reprend normalement vite le dessus. J’analyse, je contourne, je franchis, je m’adapte. Inépuisable tel un roc, la future mariée que je suis se bat. Et toi aussi telle une boxeuse tu avanceras : les traiteurs tu les dompteras, le prêtre, le rabbin ou l’imam, tu le mettras à tes pieds, le DJ tu le cadreras… Bref, tu géreras tout. Et cela marchera…

Les chroniques de lilia - Episode 10

« Love is life »

Mon mari est catholique et je suis juive. Je suis du Sud Ouest et il originaire du Nord Ouest. J’aime les Sushis, il les déteste. Il se fout de sa voiture tant qu’elle roule, je prends soin de la mienne comme si c’était mon enfant. Il est raisonnable, moi, je suis sans limite. Il fait pipi la porte fermée, je fais pipi la porte ouverte (avouez que vous le faites toutes aussi). Il dort en tenue d’Adam et moi je dors dans un pyjama grenouillère ultra pas sexy.

Bref, il est une évidence que mon homme et moi sommes des opposés. Mais on s’aime très fort. Ce qui semble plus délicat, c’est d’organiser le mariage de deux opposés dont vous imaginez bien les familles, opposées aussi.

Ma mère est dans le style mère juive, ultra envahissante, à m’appeler 3 fois par jour, à me donner douze tupperwares de rations alimentaires à chaque fois que je lui rend visite. Elle a des avis tranchés sur tout, aucun sens critique et peu d’ouverture d’esprit. Quand elle a su que l’élu n’était ni médecin ni avocat, et catholique, elle m’a simulé un malaise vagal avant de me traiter de tous les noms, pour ne plus me parler pendant 6 mois et puis elle a réfléchi…

Ma belle mère est dans le style mère baba cool, à ne pas vouloir déranger son fils. Elle ne critique jamais ses décisions, elle l’accompagne et le soutient sans faille dans ses choix. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, elle m’a dit que j’étais une princesse. Elle a même lavé mon linge sale… Elle est quand même trés dévouée et aimante.

Donc vous imaginez la scène de mariage… La cérémonie religieuse avec un rabbin et un curé aurait pu jouer le rôle d’événement réconciliateur, une sorte de sommet de la paix. Mais non, ce n’est que dans les films qu’on la joue comme ça. Quand j’ai annoncé à l’aumônier militaire israëlite que j’étais avec un non juif, il me l’a joué comme ma mère version « je fais un infarctus ». Malheureusement, on s’est rendu compte que tout le monde n’est pas prêt à la mixité, mais l’amour n’a pas non plus de religion. Donc j’assumais jusqu’au bout nos différences et nos choix : ce serait une cérémonie laïque. Pris par le temps, c’est une wedding planner qui nous a guidé dans la faisabilité de cette cérémonie. Et si au début nous étions réticents, nos invités nous en parlent encore tant elle a marqué les esprits.

Pas de messe, pas de grand discours moralisateur, cette cérémonie était à notre image, faite de petits discours de nos amis proches sur un ton d’humour, avec beaucoup de tendresse. Je vousavoue que la petite distribution de mouchoirs avant la cérémonie n’était pas inutile. Il y a eu des rires, des larmes, des scoops … Oui, oui, j’ai appris que le surnom de mon futur mari était « Patator », surnom acquis au prix de nombreux buts marqués au football d’un coup de pied sûr et efficace. J’ai également eu droit à la plus belle déclaration d’amour qui soit de la part de mon homme, s’affranchissant de sa pudeur, il a mis les plus beaux mots pour désigner son amour à mon égard. Quant à moi, je lui ai avoué bien plus que mon amour… je lui ai avoué ma fierté, et mon admiration à son égard.

Même si mon mari et moi avons des croyances religieuses différentes, cette cérémonie laïque était l’occasion de franchir tous ces obstacles, en ne se concentrant que sur l’essentiel : notre amour, entouré des personnes que nous aimons et chérissons. Cette cérémonie c’était tout simplement nous, du bonheur, de la joie et des bisounours… Mais les bisounours cela fait tellement du bien !!!!

La suite... La semaine prochaine!

Les chroniques de lilia - episode 9

Tout est dans la boîte pour le grand jour !

A une semaine du mariage, notre appartement ressemblait au show room du salon du mariage d’une grande capitale.

Tout était minutieusement stocké et organisé par thème afin de faciliter la mise en place de la salle le jour J. Boîte à candy bar, boîte à photobooth, boîte à livre d’or… En tant que grande maniaque des boîtes en plastiques, j’avais investi dans une vingtaine de boîtes qui m’auront valu l’agacement de mon mari, les félicitations de ma femme de ménage et le regard dubitatif de ma meilleure amie…

Je me permets d’ailleurs un petit aparté sur cette manie des boîtes en plastique : accro du rangement, maniaque du thème, chez moi, tout est classé en boîtes. La boîte à chaussures, la boîte à culottes et même la boîte à boîtes…  Et j’atteins mon orgasme de rangement quand je dépose la petite étiquette imprimée sur la boîte pour en désigner le contenu. Quand j’ai un coup de blues, je m’autorise même l’achat d’une boîte en plastique, et trouve une vague excuse pour classer et ranger, et bizarrement cela me fait du bien. J’ai tenté de longtemps dissimuler ce vilain défaut à mon futur mari, mais dès qu’il a ouvert mes placards, il a très vite compris qu’il devait revoir ses habitudes de rangement ou sinon se séparer de moi. Heureusement, l’élu a fait le bon choix.

Bref, tout cela pour dire que je suis une grande maniaque du rangement, mais que pour une fois cela allait servir. Dans la lignée des poisses, nous avons appris quelques semaines avant le mariage que la salle de réception ne serait disponible qu’à partir de 18h le jour même du mariage du fait d’un congrès qui se terminait tardivement dans la même salle. Toute mise en place anticipée serait donc impossible.

Corneille disait « Ô drame, ô désespoir », et moi, je m’écroulais de colère et de tristesse… J’allais devoir déléguer cette rude tâche à une personne de confiance. Ma mère ? Impossible, sinon la salle allait ressembler à une boîte de nuit clandestine des années 70, kitsch, avec papiers peints de fleurs et lustres rococo… Ma belle mère ? Non, car elle aurait découvert l’imposture : sa belle fille s’avérait pouvoir être un dragon quand les éléments de décoration de chaque table n’étaient pas alignés parfaitement de 10 cm chacun, placés selon une angulation précise définie par la dérivée de x, rapportée au coefficient de proportionnalité du vecteur du segment principal. Son fils ne pourrait donc définitivement pas s’unir à telle escroquerie. Elle avorterait le mariage en kidnappant son fils… Ma copine Caro ? Non, je la voulais à mes côtés pour la préparation maquillage, coiffure, et habillage.

C’est donc à ce moment là que j’ai dû me résigner à engager dans l’urgence une wedding planer pour garantir la mise en place de la salle. Heureusement, la photographe que nous avions choisie nous a fortement recommandé cette très élégante Laurence. Le premier contact était vraiment timide de notre part : très narcissique, j’avais peur de ne plus tenir les rennes de ce mariage et de ne plus en récolter les éloges et les mérites. Toutefois, le deuxième contact a imposé une certaine complicité qui aura permis à Laurence de très vite me cerner. En trois rendez vous, l’affaire était dans le sac : je l’avais briefé sur mes directives de décoration. Je plaçais donc entre ses mains, la lourde responsabilité de donner sens et réalité à ce que j’avais imaginé dans les moindres détails pour ce grand jour. L’histoire fait que mes sacrées boîtes en plastiques l’auront beaucoup aidé dans cette rude mission.

J’en souri encore de cet épisode, car j’ai récemment appris que l’ensemble des prestataires s’étaient investis dans la mise en place pour aider Laurence : la photographe mettant les porte noms et faisant le rapprochement de cette organisation très carrée avec ma profession de militaire. L’assistante de la photographe venue à la rescousse en catastrophe… Ils m’ont tous bluffé : ils avaient trop assuré. La salle était magnifique, et c’était le plus beau cadeau.

 

La suite... Mardi prochain !

 

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 8

"Pourquoi veut il m’épouser ?"

Je suis une femme imparfaite et je n’ai aucune volonté : avant le mariage, j’étais bien loin de manger une salade par jour, et bien loin également de faire mon heure de sport par jour pour rendre mon petit postérieur tout ferme et galbé. Je misais tout sur mon stress quotidien pour me faire maigrir pour le grand jour. Mais non, l’effet inverse se produisait : plus le mariage approchait, plus je mangeais et devenais flasque. Et le grand froid n’aidant pas, la plupart de mes repas consistaient en une bonne raclette ou un bien grasse fondue – chacun ses petits plaisirs. Chaque jour qui passait, je priais Jésus, Bouddha et tous les autres saints pour que le poids inscrit sur mon pèse personne diminue. Et si je ne m’en étais tenue qu’à ça, je serai devenue athée. Je n’ai malheureusement jamais perdu un seul gramme avant le mariage.

Le facteur aggravant, c’était surtout mon homme. Quand je lui demandais si j’étais grosse, il me répondait d’un ton sûr : « mais non ma chérie, tu es parfaite ». Quand aussi je lui demandais si j’avais maigri, il rétorquait d’un ton très crédible et affirmatif : « bien sûr, mon amour ». D’une profonde naïveté  (volontaire, je crois), j’émettais une hypothèse mathématiquement absurde : mon pèse personne ne fonctionnait pas, probablement du fait d’une pente « invisible » du sol de ma salle de bain. Le jour J, j’allais donc devoir assumer quelques rondeurs mal placées ; pourtant, cette vérité ne m’est apparue que très tardivement, voire même trop tard pour pouvoir la corriger si ce n’est par l’achat du dernier espoir : la culotte gainante… Qui l’aurait cru ? Je vous rassure, elle est restée au fond de ma commode le jour de mon mariage. A croire que tout était destiné pour que j’assume mes imperfections ce jour là.

Cet état des lieux de l’ensemble de mes imperfections impliquait bien d’autres interrogations de ma part. Je suis une femme imparfaite car je n’ai aucunement la capacité de garder ma dignité quand je suis complètement bourrée. Je crie toutes les vérités bonnes et mauvaises à dire. Je suis prise d’une inhibition pouvant m’amener à faire danser le sévère et détestable oncle Jean envers et contre tout. Je vous épargne également les sombres épisodes de fins de soirée où mon chéri me tient avec dévouement les cheveux tandis que j’élimine tout l’alcool ingurgité, dans nos toilettes. Très glamour, je sais.

De ce fait, comment allais je pouvoir gérer les toasts, les coupes de champagnes, les vins d’honneurde mon mariage… L’abstinence ? J’imaginais déjà les réflexions de belle maman : alors ? Tu as une autre bonne nouvelle à nous annoncer ? Non, l’abstinence n’était définitivement pas la solution préférentielle. La modération ? Peut être la meilleure solution car « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Mais pour assumer cette modération, il me fallait de la volonté et de la motivation. Tout ce qui me faisait défaut. La dernière alternative était d’avoir recours à mon Pilou : il allait jouer le gendarme (de Saint Tropez) avec brio. D’un regard insistant, il freinerait tout excès de ma part. Le compromis était donc trouvé pour éviter de retrouver la mariée dans des positions compromettantes avec son mari (quand je vous parlais de désinhibition…). Ouf, je n’allais pas avoir de trous de mémoire le soir de mon mariage !

Dans la longue liste de mes imperfections, je peux vous avouer que je suis aussi une femme imparfaite car je ne supporte pas les talons plus de 20 minutes d’affilée. J’ai donc essayé pour le jour J les coussins en silicone pour apaiser ma voûte plantaire : échec ! J’avais tout aussi mal à mes petits petons. J’ai en conséquence acheté 3 paires de chaussures pouvant faire office de parfaits souliers pour mon mariage. J’initiais donc une étude comparative scientifiquement bien établie : elle consistait à porter chaque paire une demi-journée durant, à en déterminer le nombre d’ampoules séquellaires, les rougeurs persistantes et les oedèmes provoqués. Cette étude très objective menait à la rude conclusion que mes pieds n’étaient pas faits pour des chaussures à talons : mes pieds ressemblaient à l’issue de cette étude à des boudins rouges ponctués de phlyctènes géantes (terme médical signifiant ampoules très douloureuses pour mes petits pieds). Au final, j’optais pour un compromis : je mettrais les talons le temps suffisant pour la survie de mes pieds, et je les abandonnerais à ce moment là  pour ma jolie et réconfortante paire de Superstar.

Cette liste pourrait être encore bien plus longue, mais au final, ne peut-on pas s’avouer que toute femme le jour de son mariage est parfaite car l’ensemble de ses imperfections constitue juste sa beauté au naturel ? En tout cas, cela a été ma philosophie le jour J, quand je me suis vue dans le miroir des toilettes avec mes rondeurs, mes baskets et ma petite coupette de champ’ à la main. J’étais une femme mariée heureuse et (presque) parfaite aux yeux de mon mari.

 

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 7

 " Divorcer avant le mariage ? "

Vous commencez à prendre conscience du parcours du combattant que fut l’organisation de ce mariage. Et bien ce n’était que le début.

Un certain lundi matin, 4 mois avant le mariage, ma hiérarchie me convoquait pour m’annoncer mon départ imminent en mission pour l’Afrique. A cette date, nous n’avions ni fleuriste, ni salle, ni traiteur, ni photographe… Mon amoureux rentrait à peine d’une mission de 4 mois et j’attendais avec impatience son retour pour valider les prestataires. Donc en résumé, nous n’avions pas grand chose de dessiné pour le jour de notre union, et c’est à Monsieur que je confiais cette lourde tâche d’organiser notre mariage.

Ma réaction à cette annonce fut immédiate et mon chef l’a bien vite compris : bégaiements, teint oscillant entre « vanille et fraise », frissons, hyperventilation… A la limite du malaise vagal. Lui, si peu concerné par ma vie personnelle n’a pour une fois plus su où se mettre quand il a compris qu’il venait de mettre en péril ce qui devait être le plus beau jour de ma vie. Mais je ne pouvais renoncer à cette mission. Certaines prétexteront qu’il s’agit d’égoïsme ou d’une fuite, moi, je mets plutôt cela sur le compte de la nécessité d’un épanouissement professionnel, que mon futur mari tolérait et comprenait pour le bien être et l’équilibre de notre couple. Alors j’ai fait à nouveau la respiration du petit chien (cela marche vraiment à tous les coups). Tout en faisant mes sacs pour mon départ, j’établissais un véritable plan de bataille. Déformation professionnelle, je sais… Je lui laissais l’intégralité d’une bibliographie bien fournie sur les mariages, avec des sortes de questionnaires à remplir à l’issue de la rencontre avec chaque prestataire, ou à l’issue de la visite d’un lieu.

Je vérifiais les modes de communication disponibles sur mon théâtre d’opération extérieure :

-       Réseau téléphonique : une blinde, impossible
-       Voie postale : 3 semaines d’acheminement pour un courrier, impossible
-       Technique de la fumée d’un brasier : je ne suis pas pyromane, impossible
-       Technique des vibrations sur des rails de train : pas de train là bas, impossible
-       Réseau internet (pas de wifi, vitesse à 2 à l’heure) : bon, et bien, je n’avais pas trop choix, cela allait être mon mode de communication privilégié.

Je suis partie 2 mois, l’occasion de passer toutes mes nuits devant mon écran d’ordinateur à trouver les lieux, prestataires, décorations du mariage. J’envoyais les liens de chacune de mes trouvailles au Pilou et lui s’exécutait. Il rencontrait chacun des prestataires, visitait chaque lieu, essayait de réaliser lui même ses petits DIY… Et le drame annoncé survint quand j’eus trouvé le centre de table. Celui ci consistait en un arbre tortueux sur lequel nous voulions déposer des fleurs blanches et suspendre des photophores. Le Pilou a donc fait intervenir sa « môman » : ils ont dont mis à nu l’arbre d’un vieil oncle pour mettre en scène ces centres de tables qui m’étaient si chers. Mon amoureux a fait plus de 500km pour aller les récupérer. La mission était réussie. Pourtant quelle ne fut pas ma surprise à mon retour quand j’ai vu « les bouts d’arbres ». Mon homme n’avait pas pris le temps d’enlever les feuilles. J’ai donc patiemment dénuder ces arbres. J’ai pris un pot pour visualiser le résultat final : cela ne ressemblait à rien. Le tortueux n’en était pas un. Les branches étaient totalement maigres et asymétriques. Donc à moins de 3 semaines du mariage nous n’avions pas de centre de table, nous avions tué un arbre et petit gros détail : le Pilou avait pourri ma voiture en transportant ces vieilles branches.

Je me suis alors transformée en Hulk en pleurs, incontrôlable et colérique. Je renonçais à me marier dans ces conditions, j’ai tout remis en question. Je lui en voulais de ne pas s’être rendu de ses erreurs plus tôt, je lui en voulais de ne pas avoir assuré. Tous ces obstacles dans l’organisation de notre mariage nous avaient fragilisé. Peut être que ce n’était pas l’homme de ma vie.

Aujourd’hui, je m’en veux encore d’avoir eu ces hésitations, d’avoir été si agressive et si méchante avec mon amoureux. Il était une évidence dont je me suis bien vite rendue compte : les hommes ne sont pas des décoratrices dans l’âme. Et j’admire tous les efforts et toute l’implication que mon homme avait mis dans l’organisation de ce mariage en mon absence. Et rien que pour cela, la raison me revenait très vite, et je me rappelais pourquoi je l’aimais si fort, et pourquoi je ne divorcerai pas avant le mariage, ni même après. Pour le centre de table, il fallut trouver un plan b en moins de 3 semaines, que je vous confierai très prochainement.


La suite, c'est mardi prochain !

LES CHRONIQUES DE LILIA

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 6

«  Tu seras l’élue, tu seras ma témoin… »

Choisir ses témoins relève d’une des missions les plus difficiles, afin de ne pas froisser ses amis les plus proches et ménager les susceptibilités de son entourage.

Pour la petite histoire, mon amoureux et moi n’avions qu’une seule certitude quant au choix de nos témoins : il s’agissait de proches collègues de travail grâce à qui mon homme et moi nous sommes unis.

En effet, à des milliers de kilomètres de l’Europe, en mission au service de notre nation, je réalisais ma première mission avec une jeune femme qui allait être un des piliers de notre binôme. Pétillante, dynamique et infatigable, nous nous sommes très vite pris d’amitié l’une pour l’autre, franchissant la barrière des grades inhérente à l’institution militaire. Elle a donc très vite compris le béguin que j’avais pour cet homme qui se présentait à moi. Brun ténébreux, pilote d’hélicoptères, d’un charme fou, j’avais rencontré celui qui allait me faire chavirer. Manque de pot, malgré une certaine subtilité, mes approches restèrent peu fructueuses, et je me suis pris un « gros vent ». Mon ego n’avait pas été malmené de la sorte depuis bien longtemps.

A l’habitude, c’est moi qui refoulais les avances de mes prétendants. C’est moi également qui avais le luxe de choisir tel ou tel compagnon. Mais non, le Pilou en avait décidé autrement. Alors, j’ai essayé la technique qui consistait à susciter jalousie et envie. Je me suis donc vaguement laissée approcher par un beau militaire. Il aurait pu s’appeler Ken (comme dans « Barbie et Ken ») : blond aux yeux bleus, musculature au top, teint hâlé… On a toutes laissé quelques pensées sensuelles s’évader sur son corps parfaitement sculpté. J’aurais cru que ses ronds de jambes à mon égard allaient faire réagir le petit Pilou, mais non. Alors, je me suis rabattue sur le plan B, celui qui consistait à avoir recours à des messagers. Et les élus étaient mon binôme, et le jeune pilote qui partageait cette mission avec mon futur mari.

Bien briefés sur leurs objectifs ainsi que les matériels et méthodes nécessaires, les messagers pouvaient entamer leur parcours du combattant. Et ils l’ont fait avec brio, car grâce à eux, le Pilou a vu la lumière : il m’a choisie pour épouse. De ce fait, il était une évidence que ces deux personnes qui avaient tant contribué à la naissance de notre histoire allaient être nos témoins.

Pour les autres témoins, la tâche allait s’avérer plus compliquée : Caroline, Hélène, Aude, Morgane… Elles possédaient toutes le potentiel indispensable au témoin parfait, toutes pourvues d’un sens inné de l’anticipation et de l’organisation, connaissant mes limites, et mes attraits pour certaines activités pour mon EVJF. Mais la raison s’est imposée à moi, il fallait que ce soit ma grande sœur Leslie qui joue ce rôle. Bien sûr que nous n’étions pas très proches, bien sûr que ce n’était pas ma confidente privilégiée. Mais pour ne pas occasionner un drame familial, ce serait elle. Et à vrai dire vous le verrez plus tard, à mon grand étonnement, elle a assuré et cela nous a même rapproché ! Quant à toutes les autres demoiselles qui avaient une grande place dans mon cœur, je les ai chacune impliquées dans l’organisation de ce mariage comme si elles étaient mes témoins. Pas de crise de colère, tout était lisse : elles ont toutes géré à merveille, et m’ont apporté le soutien dont j’avais besoin.

Le Pilou l’a joué différemment : indécis, voulant éviter tout conflit, il s’est contenté de choisir son jeune pilote grâce auquel il allait se marier. J’avoue que je lui en ai un peu voulu : la symétrie des photos ne serait pas respectée. Moi avec mes 2 témoins, et lui avec son seul témoin. Mon côté psychorigide refaisait surface. J’ai essayé de négocier, mais rien n’y a fait. Pour la première fois, le Pilou me résistait, et je cédais… Oui je suis faible quand il penche sa tête sur le côté, avec son regard de chien battu.

Mais la mission était bel et bien remplie : les témoins étaient désignés.

La suite, c'est mardi prochain !


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Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

 

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 5

« Keep calm and trouves ta robe ! »

Très vite, il fallut penser à LA robe. Celle dont tu rêves depuis l’âge de 5 ans, celle que tu as imaginée des centaines de fois, chaque fois plus magique, chaque fois plus élégante. Pourtant, à l’instar de la plupart d’entre nous, le premier essayage a été d’une violente déception : je souhaitais une robe bustier, marquant la taille avec un jupon digne des robes de la princesse Sissi et une traîne digne de Lady Diana à l’occasion de son propre mariage. Malheureusement, d’un rapide demi-tour sur le podium du salon d’essayage, je découvrais mon reflet : je ressemblais à une choucroute garnie. Le jupon m’évoquait une meringue italienne s’inclinant vaguement. Et si jamais je ne m’en étais pas rendue compte par moi-même, j’avais la tête décomposée de l’amie qui m’assistait pour me le rappeler…

Un changement de direction à l’opposé comme à l’habitude depuis le début de cette organisation de mariage s’imposait : je voulais désormais quelque chose d’ultra simple, de fluide, de léger. Pas de chichi, pas de strass, pas de dentelle étouffante, pas de jupon… Pour faire quand même plaisir à ma maman, j’ai essayé sa propre robe de mariée : il paraît que le vintage revient à la mode. Mais sans grande surprise, cet ensemble était vraiment d’un autre temps (je ne m’étendrai pas sur ce sombre épisode de l’avant-mariage où ta mère pleure l’Océan Atlantique quand elle t’aperçoit dans sa propre robe).

Donc très curieusement, je recherchais désormais la robe la plus simple et la plus élégante qui soit. J’avais déjà repéré une créatrice parisienne dont les robes m’avaient tapé dans l’œil, malheureusement, je ne sais pas d’où nous sort cette capacité, à nous les femmes, à toujours choisir les vêtements les plus chers même dans une boutique où aucun prix n’est affiché, mais le coût de ces jolies robes était bien trop élevé eu égard au fond de mon porte-monnaie. Donc j’ai joué, j’ai pris un des plus gros risques de cette organisation. J’ai profité d’un petit voyage en Thaïlande avec mon amoureux pour faire confectionner ma robe de mariée. Renonçant cependant à un plagiat de cette créatrice, nous dirons que je m’en suis vaguement inspiré, mais sincèrement, cette étape m’a fait traversée des émotions de détresse morale et d’angoisse que sincèrement je ne renouvellerai pour rien au monde. La barrière de la langue associée à un faible vocabulaire anglais en « couture » de ma part a fortement compliqué les choses. Mais le résultat final n’était pas si mal même si j’ai dû renoncer à quelques éléments…

Le choix des tenues des mariés impliquait aussi que j’ai un regard « bienveillant » sur la tenue de mon amoureux. Ce que je vais dire relève de la plus grande objectivité : mon chéri est mal foutu (mais je l’aime fort). Je m’explique : épaules larges, taille fine, jambes arquées (je précise qu’il a un super postérieur). Donc autant dire que lui trouver un costume qui parvienne à mettre son petit corps en valeur semblait compliqué. Donc j’ai craqué dans les rues de Bangkok, j’abandonnais son corps sous le mètre ruban d’un tailleur. Et à mon agréable surprise, mon futur mari vêtu de son costume sur mesure avait créé en moi un flot de papillons jusque dans le bout de mes doigts : qu’il était sexy cet homme bien vêtu sous mes yeux (miam miam). Et c’est comme ça que nous avons vécu notre voyage (de noces) pré-mariage. C’était pour nous une manière détournée de lier l’utile à l’agréable.

La suite, c'est mardi prochain !


LES CHRONIQUES DE LILIA

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 4

 "Un mariage au coin du feu"

Le mariage d’hiver on en fait toute une histoire, mais au fond, à bien y réfléchir cela peut finalement être l’occasion d’un très beau mariage. Et puis, de toute façon, je vous avoue que je n’en avais pas trop le choix car j’allais me marier le 16 Décembre !!!

Dans notre belle région (oui, c’est bien de l’ironie), l’été, tu as froid, l’hiver tu as froid. Il s’agit là d’un constat climatique totalement subjectif sortant de la bouche d’une sudiste, et que j’assume pleinement. Chez moi, dans ma région natale, l’été, tu as chaud, l’hiver tu as chaud et tu ne mets pas de pneus neige à ta titine non plus. Vous voudriez certainement savoir où il fait bon vivre comme ça…. Nan, nan, nan… La chute pourrait être vertigineuse car je ne me marierai pas là bas, mais ici, dans le « grand » froid avec les stalactites, la neige et le verglas (j’exagère certainement un peu, mais de mon point de vue, tout cela me semble bien réel).

Revenons un peu à nos moutons, il me fallait donc trouver tous les éléments qui allaient pouvoir rendre ce mariage d’hiver atypique. J’ai donc réalisé une liste de mots clés en rapport à la saison hivernale pour orienter mes choix :

- peau de bête (à lire « peau de bèèèèèèèèèèète » – ça fait plus bestial !)
- feu de cheminée
- soupe
- bougie
- traineau
- raclette…

Donc, en gros, j’allais arriver à mon mariage en traineau, vêtue d’une peau de bête, pour me marier à la bougie, avec à l’issue un somptueux dîner avec une soupe en entrée, une raclette en plat, le tout devant un feu de cheminée. Bizarre ce mélange de « la petite maison dans la prairie » avec un documentaire sur « les inuïts »…

Plus sérieusement, il fallait que je prévoie collants, épais de préférence, chaussures adaptées (au revoir mes petites escarpins à bouts ouverts que j’imaginais), les gants, le parapluie, une sorte de bonnet chic, des petites chaufferettes… autant dire qu’à lire cette liste « to buy », on pourrait se dire que j’allais partir en randonnée au Pérou. Bref, il fallait s’adapter! Mais le plus dur résidait vraiment dans le choix du manteau ou de la veste qui allait me permettre de pas finir congelée comme les statues d’une certaine démonstration annuelle sur la place de notre « jolie » ville.

J’ai donc fait toutes les boutiques de mariage, j’ai yeuté tous les sites de mariage, les sites de vente en ligne… j’ai même essayé des caniches blancs sur mes épaules: tu sais cette petite fausse fourrure de « pilou-pilou » blanche avec ce petit nœud de satin blanc que toutes les boutiques te proposent. Mais non, il n’y a pas moyen, je ne mettrais pas cela à mon mariage: autant que je mette mon pyjama blanc en polaire blanche, plus de style et surtout moins cher. Jusqu’à 4 jours avant le mariage (quand je vous disais que je fais tout à l’arrache), j’ai déniché la petite perle : halo de lumière autour de LA belle pièce, petite musique mystique en fond sonore accompagnant chacun de mes pas vers elle. C’est bon, j’avais LA veste, en laine écrue et petit cachemire, manche trois quart, doublure en soie, reliefs de tricots en toute délicatesse. La vendeuse avait bien flairé son coup : « toutes les parisiennes le portent, c’est vraiment stylé, y’a pas à dire ». Bon, j’ai craqué : et être stylée en hiver et pour son mariage, cela a tout de même un coût… Mais je ne le regrette toujours pas !

La suite, c'est mardi prochain !


 

LES CHRONIQUES DE LILIA

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

 

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 3

« Quand le sort s’acharne… »

Mon amoureux, de par ses contraintes professionnelles, a dû se rendre à l’étranger pendant plus de 4 mois, durant l’année des préparatifs de notre mariage, à plus de 8000 km de sa chère et tendre, privé d’un réseau internet fiable, sans parler du réseau téléphonique incertain ; il allait donc bel et bien m’abandonner pour cette dure tâche que celle d’organiser notre mariage.

Alors certaines d’entre vous se diront « quelle chance », « quel bonheur ». Alors oui, j’allais posséder LE super pouvoir, LE pouvoir de décision, LE pouvoir de donner chaire à l’ensemble de mes rêves les plus fous… (Et Dieu sait que cela pouvait aller de la robe de mariée de Jona dans Shrek – oui, oui - à la coiffure de Miss Fine le jour de son mariage dans « une nounou d’enfer » …). C’était donc à double tranchant pour moi sans conteste. Mais si des fois je suspecte que ce départ au pied levé de mon futur mari était comme un réconfort ou un soulagement pour lui, je me doutais à peine des obstacles que j’allais rencontrer « seule ».

A la date de son départ, nous n’avions pas encore fixé la date de notre mariage, car essayant de composer entre les impératifs des uns, les voyages pro des autres, les vacances annuelles de mes parents… Bref, en avril 2015, nous n’avions pas de date. Donc ma première mission en tant que « wedding planner en solo » était d’aller à la mairie fixer une date.

Premier obstacle : Les horaires d’ouverture de la mairie

Quand tu travailles tous les jours ouvrables de ta semaine, toutes les semaines du mois, et que ta mairie n’est ouverte que pour les déclarations de décès le samedi, te voilà dans l’obligation de poser un jour de congé pour aller fixer la date de ton mariage. Ok, soit, certes avec amertume, je perdais un jour sur mon voyage de noce pour pouvoir me rendre à la mairie. Arrivée à la mairie, 2 guichets plus tard, 30 min d’attente à chaque guichet, j’atteignais le graal !

Deuxième obstacle : L’absence de l’Homme

Moi : - Bonjour, Madame, je souhaiterais convenir d’une date pour mon mariage.

La dame qui allait ruiner mon mariage : - Oui, mais il faut que votre fiancé soit présent.

Moi : - Non, mais il est à l’étranger.

La dame que j’allais détester : - Peu importe. Il faut qu’il soit là. Au revoir.

Je ne pouvais donc pas déposer une date de mariage jusqu’au retour de l’Homme au mois de Juin. Je riais jaune. J’avoue que malgré mon agacement, la réponse de l’employée de la Mairie était totalement appropriée : l’Homme aurait pu être en fait George Clooney ou même Brad Pitt. « Bonjour, je souhaite avoir un créneau pour me marier avec Pierce Brosnan, malheureusement, il est en tournage en Afrique du Sud, je peux quand même déposer le dossier ? ». Ridicule (NB : mon Homme n’a que la chevelure de Pierce Brosnan et le goût pour une certaine marque de café de George).

Adieu, mariage d’été dans les champs. Adieu, petit teint hâlé sous ma robe de mariage. Adieu, cérémonie laïque à l’ombre d’un vieux chêne. J’avais la certitude que mon mariage allait devenir un mariage d’hiver : bonne ou mauvaise nouvelle ? Nous allions très vite le savoir : les 6 derniers mois avant la fin 2015 étaient entamés...


La suite, c'est mardi prochain !

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 2

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 2

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 2

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

« Si tu te maries : petit conseil, apprends la respiration du petit chien, cela pourrait t’aider… »

A partir du moment où mon amoureux me faisait sa demande en mariage, mes pensées furent parasitées dès le soir même par un flux abondant de questionnements, de réflexions et d’angoisses : « Quelle ville ? Quelle date ? Quels témoins ? Quel thème ? Et la décoration ? Le menu ? ».

Alors, on peut facilement se dire que l’organisation d’un mariage pourrait se faire aisément quand on a passé quelques soirées (bon, j’avoue peut être plusieurs, voire de nombreuses soirées depuis un certain nombre d’années) à survoler les blogs et sites de mariage francophones, les français, les belges et même les canadiens et ce, sans être d’ailleurs ni en couple, ni même fiancée. Pourtant, chaque prise de décision concernant mon mariage était désormais l’occasion d’une insomnie, d’une manucure express avec mes dents de lapin et d’un réconfort culpabilisant au Nutella.

Autant dire que la tâche allait s’avérer très compliquée.

A ceci, s’est surajouté ce grand moment de solitude, celui dont je suis sûre que l’ensemble des mariées a connu, où je me suis vite rendue compte que l’investissement de mon homme dans la planification de son mariage était réduit, voire inexistant.

Moi : Chéri, tu penses quoi de ce lieu là ? 

Lui : Oui, pourquoi pas.

Moi : Et ce lieu ci ?

Lui : Oui pourquoi pas… Mon amour, ce soir tu veux que je mette quoi comme tenue pour le repas avec les Dupont ? Le pantalon bleu avec le pull rouge ? Oula chemise à pois avec le pantalon vert ?

Vous comprenez maintenant mon désarroi ? Mon homme était incapable d’une quelconque prise de décision. (Pourvu qu’il ne se pointe pas le jour du mariage avec un costard scintillant à la Claude François ! Note pour le mariage : choisir moi même le costume de Monsieur. Pas de surprise certes, mais pas non plus de mauvaise surprise, c’est mieux).

Si l’investissement de mon futur mari était relativement léger, celui de ma mère était quant à lui… important, étouffant, original. Oui, voilà le bon terme : « original ».

Moi : Maman, notre mariage se fera en petit comité, c’est plus intimiste…

Ma mère : Ma fille, pourras tu mettre sur la liste des invités ton oncle ? Je sais qu’il ne t’appelle jamais, et que depuis que tu es née tu ne l’as vu que 2 fois mais cela ferait vraiment plaisir à ton père. Ah et j’ai aussi oublié, il viendra avec ses 3 enfants et sa femme.

Génial, mon mariage allait vraiment ressembler à un concert de Claude François, avec un entracte dédié à l’émission « Perdu de vue », avec tata Rachel et tonton Maurice en invités. Alors, j’ai fait la respiration du petit chien pour me calmer (tu sais celle qu’on t’apprend aux cours de préparation à l’accouchement, fallait bien essayer quelque chose…) et puis, j’ai ordonné mes idées et j’ai priorisé les tâches. J’allais organiser ce mariage conformément à mon organisation militaire. Mon amoureux allait être mon « commis ». Quant à ma mère, je lui trouvais des missions dites « sans risque », qui pouvaient la convaincre de son investissement sans pour autant mettre en péril le déroulement des choses.

Au final, je savais que j’allais renoncer à certaines choses, en mettre en place bien d’autres. Faire des jolies choses, et d’autres que j’allais certainement regretter, mais il fallait bien commencer par quelque chose : j’ai donc pris un cahier d’écolier, et j’y ai posé toutes les idées (des fois farfelues) pour mon mariage, et petit à petit, à l’issue d’un long tri, tout s’est bizarrement dessiné. Comme quoi tout peut arriver!

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 1

LES CHRONIQUES DE LILIA - EPISODE 1

Qui est Lilia? "J'ai 30 ans, je me suis mariée le 16 décembre 2015 à l'issue d'un long périple et d'une organisation express en 3 semaines (paradoxal, non?). L'élu s'appelle "Pilou". Nous sommes tous les 2 militaires, chacun dans une spécialité très prenante en terme d'emploi du temps, et imposant de multiples départs à l'étranger au pied levé, ayant compliqué l'organisation du grand jour."

"Le jour où j’ai su que je ne finirai pas vieille fille."

Lui? Il a sauté le pas en me demandant en mariage en Novembre 2014: Il avait tout prévu... La jolie bague, le voyage romantique à Rome, le scénario avec une demande devant la Fontaine de Tréville... Manque de pot, le plan était imparfait et je l'ai très vite suspecté quand mon chéri et moi nous sommes retrouvés devant ce monument connu internationalement de tous les amoureux, symbole du romantisme italien et... EN TRAVAUX, cachés derrière de nombreux échafaudages. 

Perlées de sueur sur son front malgré le 7°C ambiant, bégaiements ponctuant ses phrases: le coupable était démasqué. Il allait me demander en mariage. Mais à mon grand étonnement (et grande déception), d'un rapide demi-tour, il a poursuivi son chemin. Ni vu, ni connu, mon amoureux a continué cette visite de Rome by night, imperturbable.

Donc j'ai attendu... J'ai profondément résisté à l'envie de fouiller les poches du coupable tandis qu'il était sous la douche. Mais non, peut être pour l'unique fois de ma vie, la raison a pris le pas sur ma curiosité. J'allais devenir la fiancée de mon amoureux. J'étais toute excitée et mon annulaire gauche était sur le qui-vive. Je m'inventais de multiples scénarios: Lui, genou à terre, dans un des parcs de Rome, avec un rayon de soleil éblouissant le (gros) diamant d'une magnifique bague. Ou sinon, à l'occasion d'une balade en Vespa rouge flamboyant, les cheveux au vent, il allait s'arrêter sur l'un des nombreux panoramiques de la ville, culminant les toits de Rome, pour me demander de devenir sa femme.

J'ai attendu 2 longs jours, jusqu'à notre dîner dans un coquet petit restaurant du vieux Rome. Le dîner était parfait, spaghettis à la bolognaise saupoudrée de parmesan, tel un remake de "La Belle et le Clochard", une bouteille de Lambrusco faisant office de réservoir d'hydratation. Et cela n'a pas manqué, la petite pause pipi où tu en profites pour les check de vérifications s'est imposée : persil entre les dents ? NON, ok / Rimmel qui a coulé ? NON, ok / goutte au nez ? oui... euh je me mouche avec du papier WC, pipi ? oh oui... ça soulage! Toutes vérifications exécutées, je suis revenue à table. Mon homme me demandait si je pouvais mettre la main dans la capuche de mon manteau. D'un air interrogatif et surpris (oui oui toujours avoir l'air surpris même quand on sait!), j'ai trouvé un étui de bijou qui cachait une très jolie bague. Il a donc fait sa demande... Et j'ai dit oui.

Alors oui, je pense que le serveur a dû suspecter ce moment de romantisme car il nous a laissé dans notre bulle au moins une heure durant, je n'ai pas eu le droit à la demande genou à terre, ni aux applaudissements des clients du restaurant, sans compter le regard dubitatif de nos voisins de table, mais peu importe, le fait était là, j'allais enfin me marier.

La suite, mardi prochain.